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Droit de vote  

Pourquoi les Belges à l’étranger ont intérêt à voter.

Il semble qu’un certain nombre de Belges expatriés ne se sont pas encore inscrits pour voter aux prochaines élections législatives fédérales prévues en 2007.

Pourquoi incitons-nous les Belges expatriés à excercer leur droit de vote?

  1. D’abord pour faire entendre leur voix, pour rappeler aux parlementaires et aux ministres qu’il y a des Belges expatriés désireux de garder le contact avec leur pays, ses Communautés et Régions.

  2. Pour obtenir que certaines revendications spécifiques aux Belges expatriés soient prises en compte comme le droit à la double nationalité (ce qu’ont obtenu les quelque 200.000 étrangers devenus Belges depuis 10 ans) ou l’obtention d’un permis de conduire belge dans les ambassades belges (comme cela se fait pour les Français).

  3. Pour éviter que, demain, les Belges expatriés ne soient traités comme des parias dont la Belgique et ses Régions n’auraient que faire, ou, pire, qu’on leur retire la nationalité belge (et le passeport belge/européen) après un certain nombre d’années d’absence du pays.

  4. Pour écarter le risque d’une imposition plus lourde que pour les habitants du pays.

  5. Enfin par solidarité avec les Belges du pays et de votre Région.

Dans cette optique, le Journal des Belges à l’Etranger avait ouvert ses pages aux représentants des principaux partis politiques en 2003: ils vous ont expliqué chacun leur position sur les principaux enjeux des prochaines années et sur les revendications des Belges expatriés.

Vous pouvez encore prendre connaisance des "Tribunes libres" publiées dans notre Journal pour le scrutin de 2003: celles du Parti Socialiste, du Mouvement Réformateur et du Centre Démocrate Humaniste (que vous trouverez en cliquant une seule fois pour ces trois partis) et celle d' Ecolo ("Tribune libre" qui nous était parvenue plus tard).


Comment les Belges de l'étranger ont-ils voté en 2003 ?

114 620 d'entre eux se sont inscrits.

  • 67% ont voté par correspondance ;


  • 19% ont voté en Belgique, personnellement ou par mandataire ;


  • 14% ont voté, personnellement ou par mandataire, dans une ambassade ou un consulat de carrière.

Les bulletins des deux premières catégories ci-dessus (86 %) se sont naturellement mélangés à ceux des Belges de l'intérieur. Seuls les votes (14 111 bulletins déposés pour 16 102 inscrits) exprimés dans nos postes diplomatiques (et dépouillés au Ministère des Affaires Etrangères) font l'objet de l'analyse suivante. Nous y avons retenu (plutôt que les chiffres et les pourcentages) l'ordre d'arrivée des partis.

Classement des partis

  • dans la " circonscription de Bruxelles - Halle - Vilvorde":
    M.R., Ecolo, P.S., C.D.H.
    ;


  • dans la "circonscription de Wallonie":
    M.R., P.S., Ecolo, C.D.H.;


  • dans la "circonscription de Flandre":
    V.L.D., C.D.&V., Vlaams Blok, S.P.a-Spirit, Agalev.

On observe (il ne s'agit - rappelons-le - que des seuls 14 111 Belges expatriés qui ont voté dans nos postes diplomatiques) que:

  • la proportion des bulletins blancs et nuls atteint plus de 11 % (elle dépasse à peine 5 % pour l'ensemble du Royaume!);


  • le M.R. arrive en tête dans 4 provinces wallonnes (Brabant wallon, Liège, Namur, Luxembourg);


  • le P.S. arrive en tête dans le Hainaut;
  • Ecolo et le Vlaams Blok ont beaucoup plus de succès que chez les Belges de l'intérieur!

L'éloquence des chiffres
Le poids du vote des Belges expatriés

Plus de 7 millions et demi d'électeurs, inscrits sur les listes électorales, étaient appelés à élire 150 députés. Parmi eux, on compte près de 115 000 Belges expatriés.

Si on divise le nombre des électeurs inscrits (7 570 580) par le nombre de députés élus (150), on observe qu'il faut en moyenne 50 470 électeurs inscrits pour faire élire un député.

On peut ainsi considérer que l'inscription de 114 620 Belges expatriés sur les listes électorales aura donc contribué à faire élire plus de deux députés (114 620 divisé par 50 470 égale 2,27).

Comme le vote est obligatoire, il est aisé de faire le rapport entre le nombre de Belges habitant le Royaume et celui des électeurs en âge de voter. Ce rapport est, grosso modo, de 4 à 3.

Si l'on applique le même rapport aux quelque 550 000 Belges expatriés, c'est plus de 400 000 Belges de l'étranger qui auraient pu (ou dû) s'inscrire pour voter aux dernières élections. 114 620 seulement l'ont fait, c'est-à-dire un tiers à peine du nombre d'électeurs potentiels.


Certes, 114 620 en 2003, c'est six mille fois mieux que 18 en 1999! Mais 400 000 en 2007, comme ce serait beaucoup mieux encore !

En conclusion, plus nombreux seront les Belges expatriés à s'inscrire sur les listes électorales, plus fort sera leur poids politique. Nos partis ont mis du temps à le comprendre, et certains ont compris plus rapidement que d'autres quel vivier électoral représentait le vote des Belges de l'étranger.

Notre action de sensibilisation, tant des Belges expatriés que de nos mandataires politiques, n'est donc pas terminée. Loin s'en faut !



Les tendances pour l'ensemble du pays en 2003

Les deux partis de la famille socialiste ont progressé sensiblement: ensemble, ils ont gagné 15 sièges à la Chambre.

Les deux partis de la famille libérale ont également progressé, mais dans une moindre mesure: ils gagnent 8 sièges à la Chambre.

Les Verts ont subi une défaite cuisante: Ecolo a perdu 7 de ses 11 sièges, et Agalev a perdu tous ses sièges (il en avait 9). Sans doute est-ce un effet, notamment, de l'interdiction de la publicité pour le tabac sur le circuit de Francorchamps et du "cafouillage" dans le tracé des couloirs des vols de nuit sur Bruxelles.

Les deux partis de la famille sociale-chrétienne ont subi un léger recul : le C.D.&V. a perdu un siège sur 22, et le C.D.H. a perdu 2 de ses 10 sièges. Les dissidents du C.D.F. (Chrétiens Démocrates Francophones) n'ont obtenu aucun siège, mais ils en ont fait perdre deux au C.D.H., ont calculé les politologues.

L'extrême droite a progressé: nettement en Flandre (le Vlaams Blok est passé de 9,4 % à 11,3 %, et de 15 à 18 sièges), et légèrement en Wallonie (le Front National est passé de 1,5% à 2,2 % des voix, ce qui ne lui a pas fait obtenir le second siège espéré).


Les perspectives

Les gains des socialistes (supérieurs à ceux des libéraux) avaient amené le Roi à charger Elio Di Rupo, président du P.S., d'une mission d'informateur. Il devenait dès lors hautement probable que le formateur serait désigné dans la famille libérale: Guy Verhostadt, premier ministre d'un gouvernement "en affaires courantes", avait promis de mettre sur pied un nouveau gouvernement pour la Fête Nationale.

Le formateur a-t-il tenu compte des conclusions formulées dans le Rapport de l'informateur au Roi, intitulé " Pour une Belgique solidaire et créative "? On devine que les négociations ont été âpres entre les partis appelés à former la nouvelle majorité (les quatre qui avaient enregistré des gains) :

- le P.S. et le M.R., au Sud,
- le V.L.D. et S.P.a-Spirit, au Nord,

tant paraissaient difficiles à accorder le souci d'un progrès social accru et l'objectif d'une nouvelle réforme fiscale.

De l'arc-en-ciel au violet

Ces quatre partis semblaient décidés à gouverner ensemble (ils se répartissent déjà, disait-on, les portefeuilles ministériels et les postes d'influence dans l'Etat: la présidence du Sénat, celle de la Chambre, et le poste de Commissaire européen). On est passé ainsi de l'arc-en-ciel (une coalition à six) au violet (la majorité rouge - bleue). Les Verts (Ecolo et Agalev) ne colorent plus la coalition; ils ont rejoint dans l'opposition les deux partis sociaux-chrétiens.

Il convient cependant de noter que, malgré leur déroute, les Verts avaient décidé de rester - jusqu'en 2004 - dans le gouvernement de la Région wallonne, dans celui de la Communauté française et dans celui de la Flandre, trois exécutifs dont la survie n'était pas affectée par les résultats des élections législatives fédérales.

De 2003 à 2004

Les partis se sont positionnés pour les élections régionales de 2004, qui donneraient lieu, s'accordait-on à penser, à de nouveaux affrontements communautaires (d'aucuns, au Nord du pays, songeant à revendiquer, notamment, la régionalisation de la Sécurité sociale et celle des Chemins de fer).

Prochaines élections législatives fédérales en 2007...

 
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